Un nouvel agenda humanitaire pour l’UNESCO : la protection du patrimoine culturel par les communautés locales — HUMANITIES

COORDINATRICE DU PROJET
Mathilde Leloup

MEMBRES DU PROJET:

Christine Cadot (professeure des universités, Université Paris8/Cresppa], Richard Caplan (professeur, Université d’Oxford, DPIR), Emma Cunliffe (chercheuse sénior, Université de Newcastle), Alice Lopes Fabris (postdoctorante, ANR HUMANITIES), Vincent Negri (Directeur de recherche CNRS, ISP-ENS Saclay], Valérie Rosoux (professeure, Université Catholique de Louvain), Ambre Tissot (doctorante, ISP-ENS Saclay) et Dacia Viejo-Rose (Lecturer, Université de Cambridge).

LABORATOIRES PARTENAIRES:

Centre de recherches sociologies et politiques de Paris (CRESPPA)

RÉSUMÉ DU PROJET:

Entre 2012 et 2015, une série de sites culturels inscrits au patrimoine mondial ont été ciblés par des groupes terroristes au Mali, en Irak et en Syrie. En réponse à cette crise, l’UNESCO a adopté une stratégie visant à « intégrer la protection de la culture dans l’action humanitaire, les stratégies de sécurité et les processus de consolidation de la paix ». Depuis lors, cette agence a réaffirmé l’importance de la protection du patrimoine culturel en la présentant comme une protection de la « diversité culturelle » contre le « nettoyage culturel », la stratégie des groupes terroristes visant à attaquer les communautés locales par leur patrimoine culturel. Or, l’utilisation du terme « diversité culturelle » constitue un point d’entrée privilégié vers le droit international des droits de l’homme, le droit pénal international et le droit international humanitaire. Ce faisant, l’UNESCO semble s’éloigner d’une perspective top-down du patrimoine culturel géré par les États pour adopter une perspective bottom-up, centrée sur la participation des communautés locales. 

Dans ce contexte, HUMANITIES soulève la question suivante : Ce changement de terminologie est-il révélateur, voire provocateur, d’une évolution beaucoup plus profonde de la manière de concevoir le patrimoine culturel, plus proche des besoins des populations locales ? 
En utilisant des méthodes mixtes, nous analyserons d’abord comment l’UNESCO a construit son « agenda humanitaire » en 2015 autour de la notion de « diversité culturelle », élargissant ainsi l’éventail du patrimoine protégé (matériel et immatériel) dans les conflits contemporains (Ukraine, Gaza, Haut-Karabakh). Deuxièmement, nous examinerons comment le terme de « diversité culturelle », dès lors qu’il est utilisé comme un dénominateur commun entre les organisations internationales traitant de la protection du patrimoine culturel dans les situations d’urgence, produit une nouvelle façon de penser la responsabilité collective dans ce domaine.

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Mots-clés:
Patrimoine culturel, multilatéralisme, organisations internationales, ONU, UNESCO, humanitaire, droit international, justice pénale internationale