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V.Albenga, P.Delage, C.Hugrée et al. (coord.) « En finir avec l’école (néo)conservatrice » - CRESPPA - UMR 7217

Directions d’ouvrages et de dossiers de revues

 

Viviane Albenga, Pauline Delage, Cédric Hugrée, Noé Le Blanc, Vanina Mozziconacci et Tristan Poullaouec (coord.), « En finir avec l’école (néo)conservatrice », Mouvements, no 107, septembre 2021, 172 p.

Extraits de l’éditorial : (Lire l’édito sur Mouvements.infos)

« [...] Quoique fortement discuté du point de vue de la lutte contre la pandémie, le choix politique de maintenir "ouvertes" les écoles est aujourd’hui présenté par le gouvernement comme le résultat d’une mobilisation sans faille de l’État français sur la question scolaire en période de "guerre sanitaire". Le "coûte que coûte scolaire" serait ainsi le pendant du "quoiqu’il en coûte économique" et la preuve que les gouvernements Philippe puis Castex n’auraient pas renoncé à lutter contre les inégalités scolaires. La réalité est pourtant tout autre  : derrière le triomphalisme scolaire français, les 18 mois de pandémie ont en vérité révélé les fractures sociales et territoriales d’un système scolaire à bout de souffle.

[...] La première partie du dossier propose plusieurs analyses de configurations où les inégalités scolaires s’articulent à une différenciation territoriale accrue des conditions de scolarisation. Elles abordent aussi bien les questions de sélection sociale et sexuée des élèves que la dégradation des conditions de formation et de travail des enseignant·es. De la mastérisation de l’enseignement aux effets de la contractualisation croissante des enseignant·es, en passant par le cadrage des programmes de SES, les effets de la politique néolibérale sur l’enseignement impactent de manière conjuguée le travail quotidien et les perspectives pédagogiques.

La deuxième partie interroge les inégalités de genre et les discriminations raciales sous l’angle de leur production institutionnelle et souligne les points aveugles des dispositifs mis en place pour les combattre. En France, la politique d’inclusion mise en œuvre dans les écoles est rarement pensée comme une contribution paradoxale à la reproduction des inégalités sociales à l’école. Dans les dernières décennies, les politiques d’égalité de genre ont fait l’objet de plusieurs conventions qui ont mis l’accent sur l’orientation des filles dans des filières qui avaient besoin de main d’œuvre. De même, la prévention des violences sexistes et la déconstruction des stéréotypes par des dispositifs ont davantage ciblé les classes populaires racisées et la prise en charge du handicap témoigne également de logiques ségrégatives davantage qu’inclusives. Enfin, face aux débats sur la laïcité qui s’expriment presque systématiquement en France sur le terrain scolaire (et beaucoup plus rarement sur celui des autres institutions publiques), nous avons choisi de nous intéresser au cas des mères voilées accompagnatrices lors des sorties scolaires.

Les articles proposés dans ce numéro visent enfin à documenter des alternatives effectives, en s’ouvrant aux perspectives internationales de lutte, comme les modalités de résistance à l’Université néolibérale en France et en Espagne, et de pédagogie alternative en cours, à l’image des pratiques mises en œuvre par les Mexican-American Studies aux États-Unis. Ce numéro entend ainsi donner des pistes pour défendre une école démocratique et émancipatrice dans une société inégale et fragmentée. »

- ISBN : 9782348071867.
- ISSN : 1291-6412
- Sommaire et résumés sur Cairn.infos.

- À Lire sur lemonde.fr : « Dans la revue "Mouvements", les inégalités "à l’école, et par l’école" », Recension de Luc Cédelle, Le Monde, 5 novembre 2021.

9 novembre 2021

Pauline Delage

Cresppa-CSU
Chargée de recherche au CNRS
Page personnelle