Sociologue, Professeur émérite, (1er oct 2020) à l’Université de Paris 8
Recherches en cours
Projets jusqu’en 2025
Après le 1er septembre 2020, mes recherches vont se poursuivre en déployer plus avant une sociologie narrative. Il s’agit pour moi de proposer de nouvelles formes d’expressions afin de s’ouvrir à la « part réflexive » des classes populaires.
Un programme de publication se profile jusqu’en 2025. La première publication prendra un corpus d’agendas qui se distribuent entre 1920 et 1980, écrits par un viticulteur, un technicien électricien, une infirmière, une femme « à la maison » et un ouvrier mal aimé. L’objectif vise à rendre compte du découpage du temps. Qu’est-ce qu’un emploi du temps qui oblige à faire ceci ou cela ? Pourquoi tient-on plusieurs calendriers : de son travail, de ses fins de semaines, de sa santé, de l’organisation familiale et de son intimité ?
Une seconde publication (2023-2025) exposera en quoi consiste une sociologie narrative. A partir d’un corpus d’archives personnelles, j’essaierai de montrer comment l’écriture ordinaire tend vers une lente domestication institutionnelle en acte qui se réalise, une technique d’écriture pour que l’individu s’inscrive dans des temps sociaux. Il s’agira de montrer comment l’archive dite personnelle témoigne pour des milliers d’autres, traverse l’épaisseur des temps silencieux et dit une histoire collective.
Allez ou non aux Prud’hommes
Prises de paroles et d’écritures au tribunal
2019-2020, "Exilés : ce qu’habiter à l’hôtel veut dire", (avec Laetitia Overney), PUCA
La recherche décrit l’attente des familles exilées, hébergées par les autorités publiques dans des hôtels low cost en périphérie des villes (Formule 1, Etap, etc.). A partir d’une enquête ethnographique dans une dizaine d’hôtels principalement dans l’Oise et en Ile-de-France, nous explorons les différentes manières d’habiter ces chambres. A l’échelle de l’hôtel tout d’abord, comment organiser son intimité entre un espace individuel sommaire, une cuisine et des sanitaires collectifs ? Comment s’approprier cet espace si standardisé et pensé pour ne passer qu’une nuit, quand on y reste plusieurs années ? Sur une autre échelle, nous relevons les va-et-vient nombreux vers les centres villes éloignés pour accéder aux ressources et services. Dernier point d’observation, les relations entre l’hôtelier et les familles dans ces espaces d’extraterritorialité qui échappent le plus souvent au regard.
Parce que l’espace d’hébergement donne un relief particulier à l’attente des exilés, nous proposons de saisir ces temporalités sociales comme configurations particulières des relations entre l’espace et le temps. L’enquête montre combien l’attente a une réalité toute matérielle dans ces chambres de 9m2 pour trois ou quatre personnes. Les familles vivent entre l’impossibilité de s’installer en France – au sens du droit commun de « prendre domicile » – et le temps qui creuse leur présence, accumule les relations et les expériences. Une forme de paradoxe entre précarité du statut et épaisseur du temps vécu.
2017-2019, Direction de la recherche "Parcours de l’exilé : du refuge à l’installation" pour le PUCA dans le cadre du programme « L’accueil, la circulation et l’installation des migrants » en 2017, puis de l’ANR BABELS (dir. M. Agier) jusqu’en 2019.
La recherche retrace les premiers temps du parcours des exilés en France, celui des démarches pour avoir droit à un hébergement d’urgence, notamment dans ce que les institutions appellent aujourd’hui « des centres humanitaires ». Après être passés par ces centres, les exilés sont orientés vers d’autres hébergements supposés être plus durables. La recherche décrypte les conditions matérielles de l’attente dans ces lieux d’hébergement. Qu’est-ce que cela signifie pour un exilé être hébergé en attendant que l’OFPRA statue sur son sort ? Cette question est abordée à partir d’un travail d’observation auprès des exilés.
La recherche décrit les lieux d’hébergement (centre d’urgence en Ile-de-France, bâtiments administratifs désaffectés, centres de vacances reconvertis, appartements municipaux dans des villages, hôtels vétustes, etc.). Les conditions d’installation sont très variables en fonction de la qualité de l’hébergement proposé et de sa situation géographique, des équipements et services publics disponibles, de la présence ou non de professionnels et de bénévoles auprès des exilés, ou encore de « l’accueil » qu’on leur fait dans les localités (élus locaux, citoyens). Par-delà ces différences, ces « premiers moments » sont rarement l’occasion de vraiment se poser après un long parcours mouvementé entre la fuite du pays et la vie à la rue. Nous montrons comment l’attente est ce temps délicat où les demandeurs d’asile ne peuvent pas avoir de prise sur leur
Articles
JF Laé, « Exilés : premiers moments loin de centres urbains » (avec C. Deschamps L. Overney, B. Proth), Revue européenne des migrations internationales, numéro thématique « L’accueil des migrants en dehors des métropoles », manuscrit évalué et accepté, 75 000 signes.
JF Laé, « Se dire, s’écrire dans un coin de l’église » (avec L. Overney) in Archives des gens simples (dir. Yves-Marie Bercé), Presses Universitaires de Rennes, p. 211-224, 2020.
JF Laé, « Ferme ta caisse ». Récit publié dans Sociologie et Sociétés, numéro : Sociologie narrative, le pouvoir du récit. Montréal. Volume 48, numéro 2, automne 2016.
JF Laé, « Je ne veux pas trop te coûter, tu sais ? ». Nouvelle parue dans ESPRIT, . Numéro spécial « Peut-on raconter le chômage ? », novembre 2014.
JF Laé, « Une vie à crédit. Brève chronique de l’endettement permanent » ( avec Numa Murard), Esprit, n° de décembre, 2013.
« Ecrire ses rêves, une conversion biographique ? », Revue Tumulte, n°36, 2011.
avec Marianne Kempeneers, « Présentation : Écritures et documents personnels, une source sociologique ? », Sociologie et sociétés, 2008, 40 (2) pp. 9-15.
« Le clapotis des mots gracieux », Sociologie et sociétés, Vol. 40, n° 2, automne 2008, pp. 109-129.
« Le soldat, l’amputé et l’ouvrier, 1914-1917 », Genève, Carnet de bords, n° 14, 2007, pp. 28-32
« La prise de corps chez Michel Foucault, une attention aux mouvements », Sociologie et Sociétés, vol.38, n°2, automne 2006, p. 175-188.
« Boire, bien boire, un reportage radio », Genève, Carnets de bord (revue suisse de jeunes chercheurs en sciences sociales), 2005, n°9, pp.52-58.
avec Philippe Artières, « L’enquête, l’écriture et l’arrière-cuisine. Chronique d’une enquête sur une correspondance », Genèses, 2004, n°57, pp. 89-109.
« L’intimité : une histoire longue de la propriété de soi », Sociologie et Sociétés, n° sur L’intimité, 2003, vol.35, n°2, pp. 139-147.
« Sur le bout de la langue, les singularités », Revue L’Inactuel, 2003, n°10, pp.189-198.
avec Bruno Proth, « Les territoires de l’intimité, protection et sanction », Ethnologie Française, Numéro « intimité sous surveillance », Tome XXXVII, 2002, pp. 5-10.
« Émotion et connaissance. L’emprise du sensible dans l’enquête sociologique », Sociétés & Représentations, n° 13, 2002/1, pp. 247-257.
« Des écrits ordinaires et de l’intimité dans l’hébergement », Nouvelles Pratiques Sociales, 2001, 14(2), pp. 75-87.
avec Numa Murard, « Célibataire à la rue », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, 1996, Vol. 113, pp. 31-39.
« La main courante en HLM et l’événement », Sociologie et Sociétés, vol. 28, n° 1, 1996, pp. 177-188.
« Genèse de l’alcool au volant à travers la jurisprudence (1930-1980) », Droit et Société, 1995, n°29, pp. 157-179.
« L’affection qui fait souffrir : la montée d’une plainte jurisprudentielle au début du XXe siècle », Lien social et Politiques, 1994, n°32, pp. 131-138.
avec Isabelle Astier, « La notion de communauté dans les enquêtes sociales sur l’habitat en France », Genèses, Vol. 5, 1991, pp. 81-106.
« L’inaptitude à la RATP : de la protection à la sanction », Sociétés Contemporaines, n°8, 1991, pp. 107-125.
« Chausser les gants pour s’en sortir », Colloque sur Erving Goffman, Cerisy-la-Salle, Paris, Les Temps Modernes, 1989, n°521, pp. 126-138.
avec Numa Murard, « Protection et violence », Cahiers Internationaux de Sociologie, vol. LXXXIV, 1988, pp. 19-39.
avec Christian Girard, Henri-Noël Ruiz, « L’autopromotion du logement pauvre en France », La Défense, Annales de la Recherche Urbaine, n° 25, 1985, pp. 54-60.
avec Numa Murard, « Formes de consommation populaire, l’économie de survie », Paris, Les Temps Modernes, 1985, n° 465, pp. 1910-1924.
avec Philippe Noisette, « Je, tu, il, elle apprend, Quelques aspects sur l’illettrisme », La Documentation Française, série « Le point sur », 1985.
Chapitres d’ouvrages
JF Laé. « Archives mineures et sociologie narrative », in I. Perreault et MC Thibault, Récits inachevés, PU Ottawa, 2016.
JF Laé avec Fabien Deshayes. « quand les usagers écrivent et constituent leurs dossiers. Agir le droit pas à pas », in P. Delcambre et C. Matuszak, Ecrire au magistrat, PU du Septentrion, 2016.
JF Laé.« La photographie prédatrice. Les enfants pauvres à Chicago en 1900 », in Annie Stora-Lamarre, Les âmes mal nées, Presses Universitaire de Besançon, 2010, pp. 229-242.
JF Laé.« Sorties du silence, les écritures mineures ? in Jean-Paul Payet, Corinne Rostaing, Frédérique Giuliani (Dir.), La Relation d’enquête. La sociologie au défi des acteurs faibles, P.U.R., 2010.
JF Laé avec Isabelle Astier. « Les travailleurs sociaux contre le contrôle social », in Philippe Artières et Michèle Zancarini-Fournel (Dir.), 68, une histoire collective, La découverte, 2008.
JF Laé. « Borderline, à la frontière du médical et du social », in Stéphane Beaud, Joseph Confavreux, Jade Lindgaard, La France invisible, La découverte, 2008.
JF Laé. « Boire, bien boire », in Michela Marzano (Dir.) Le Dictionnaire du corps, Presses Universitaires de France, coll. Quadrige, 2007.
JF Laé. « La bise du chien », in Arlette Farge, Rose-Marie Lagrave, Philippe Mangeot, Gérard Mordillat, Sept images d’amour, Les prairies ordinaires, 2006.
JF Laé. « Le sensible : lorsqu’on est pris entre deux feux », in Sensible, édition de l’Aube, CRESAL, 2006.
JF Laé. « L’intimité dans le droit : des jeux de véridiction », in Francoise Reumaux, Passeports pour le vrai / le faux, Kimé, 2005.
JF Laé. « L’intimité, le pouvoir et le droit », in La cité charnelle du droit (ss. Dir. Annie Stora-Lamarre), Presses Universitaires Franc-comtoises, 2002.
JF Laé. « La place vide du suicidé dans le droit », in Philippe Artières, Da Silva Emmanuel (dir.), Michel Foucault et la médecine, Kimé, 2001.
Documentaires radiophoniques
« Retour sur enquête. Ethnographie d’une ville ouvrière » : Jean-François Laé et Numa Murard sont retournés sur les lieux de leur enquête dans une cité ouvrière de Seine-Maritime, trente ans après. Deux documentaires diffusés sur France Culture, les 27 et 28 décembre 2010, dans "Sur les docks". A écouter ou ré-écouter sur le site de France Culture :
« Retour sur enquête, 1 », France Culture, Sur Les Docks », décembre 2010.
« Retour sur enquête, 2 », France Culture, Sur Les Docks, décembre 2010.
La présentation : photos, synopsis, liens
« L’enfant, le secret et la justice » (MP3), émission « Sur les Docks », France Culture, 2 février 2010.
« Main courante, écriture ordinaire (MP3) », émission « Surpris par la nuit », France Culture, 21 mai 2009.
« Aller ou non aux Prud’hommes (format RealMedia) », émission « Sur les Docks », France Culture, 5 décembre 2008.
« Enquêtes sociales et vie populaire », émission « Les Lundis de l’Histoire », France Culture, 7 juillet 2008 (extraits en mp3).
« Des mots, des maux (MP3) », émission « Idéaux et débats », Radio Libertaire, extraits, 30 minutes, 27 mai 2008.
« Les nuits de la main courante (MP3) », émission « La suite dans les idées », France Culture, 29 avril 2008, 30 minutes.
« Qu’est-ce que chômer veut dire », émission « Radio Libre », France Culture, Octobre 2005 :
Première partie (mp3 – 1h)
Deuxième partie (mp3 – 1h)
« Boire, bien boire », France Culture, 2004.
Principales communications
« L’acte photographique et les institutions d’hébergements », Saint Etienne, Modys CNRS, 5 février 2010.
« Les dispositifs d’écriture et les institutions », conférences GTM-CRESPPA à l’IRESCO, 18 janvier 2010.
« Le producteur et le réalisateur de documentaires », France culture débat organisé par les chargés de réalisation de France Culture, 24 novembre 2009.
« Traces d’histoire : quand l’institution s’écrit », CREMIS, Montréal, 15 septembre 2009.
Journée sur « L’irruption du biographique et du littéraire dans les écritures théoriques », Département de sociologie, vendredi 23 mai 2009, Limoge.
« L’écriture ordinaire en institution », colloque sur la place des usagers dans les relations d’aide (Christopher Mc All), ACFAS, Ottawa, 13 mai 2009.
« Dispositif d’écriture », journées d’études « La voix des acteurs faibles », SATIE-Genève, ModyS-Lyon 2, les 15-16 janvier 2009, Genève.
« Quelle place pour le conjoint du malade Alzheimer ? », AGE05. Congrès international de sociologie, Santé et vieillissement. Vieillissement en santé : nouveaux défis pour la société, Neuchâtel, 25-27 août 2005.
Responsabilités scientifiques
Co-responsable du Master Mode de vie, institutions et politiques publiques.
Membre commission de spécialistes 19 (sociologie, démographie).
Membre titulaire du conseil de l’école doctorale sciences sociale Paris 8.
